Les voitures de collection peuvent-elles circuler dans Paris ?

Nous le mentionnions dans notre article sur les ZFE et les restrictions de circulation, c’est aujourd’hui officiel : les voitures de plus de 30 ans titulaires d’une carte grise collection conservent le droit de circuler dans Paris. Roadstr vous en dit plus.


 

De nouvelles restrictions à date du 1er juin

 

La date était connue depuis quelques années. À compter du mardi 1er juin 2021, les voitures munies d’une vignette Crit’Air 4 (diesel d’avant 2006) rejoignent les Crit’Air 5 et sans pastilles au club des interdits de circuler dans les 79 communes du Grand Paris et des autres ZFE françaises.

Ces restrictions s’appliquent du lundi au vendredi, de 8h à 20h. L’interdiction est levée les week-ends et jours fériés.

 

En circulant dans la zone alors que vous ne disposez pas de la pastille Crit’Air adaptée, vous risquez une amende de 3ème classe (68€). Attention, la vidéo-verbalisation est à l’étude et pourrait être adoptée fin 2021. Sachez également que vous pouvez être verbalisé en stationnant dans la zone concernée si vous n’avez pas la pastille adaptée.

La Ville de Paris et la Métropole du Grand Paris vont peu à peu étendre l’interdiction à d’autres catégories de véhicules. Voici le calendrier annoncé :

  • 1er juillet 2022 : restriction de circulation pour les véhicules Crit’air 3 (essence d’avant 2006 et diesel d’avant 2011)

  • 1er janvier 2024 : restriction de circulation pour les véhicules Crit’air 2 (tous les diesels et les essence d’avant 2011)

  • 2030 : 100 % de véhicules « propres »


 

Quid de la circulation des voitures de collection ?

 

La question des voitures de collection était jusqu’alors en suspens. Sujettes à des débats passionnés au Sénat, nos anciennes disposent heureusement de quelques élus prêts à défendre leur bon droit et, bien sûr, du soutien de la Fédération Française des Véhicules d’Époque (FFVE).

 

La Mairie de Paris a fini par céder : les termes de l’arrêté de ce 28 mai pris par la Maire de Paris et le Préfet de Police de Paris reprennent trait pour trait ceux de 2016. Cet arrêté reconnaissait le droit de circuler dans les rues parisiennes aux véhicules dont le certificat d’immatriculation porte la mention “collection”.

 

Le travail de la FFVE est en grande partie responsable de ce changement. Cet organisme avait été mandaté par de nombreuses institutions nationales pour sensibiliser les zones urbaines françaises aux intérêts des anciennes pour les collectionneurs comme pour les professionnels. Elle a bon espoir de voir d’autres métropoles suivre l’exemple de Paris.  

 

Quelles sont les conditions d’éligibilité d’une voiture à la carte grise collection ?

 

Le site officiel de l’administration française définit un véhicule de collection ainsi : un véhicule de plus de 30 ans, qui n’est plus produit et dont les caractéristiques n’ont pas été modifiées.

Le passage en statut collection pour le véhicule de 30 ans ou plus n’est ni automatique, ni obligatoire. 

 

La mention « véhicule de collection » permet notamment de disposer sur le véhicule des fameuses « plaques noires », des plaques d’immatriculation spécifiques et dénuées d’identifiant territorial. Cette mention figure en rubrique Z sur la carte grise et peut être ajoutée en en faisant la demande Vous pouvez donc circuler librement en France et à l’étranger avec un véhicule de collection.

 

Un avantage évident des véhicules de collection est le contrôle technique. Ces voitures doivent être soumises à un contrôle technique seulement tous les 5 ans. Les modèles les plus anciens (mis en circulation avant 1960) en sont même dispensés.

 

Les voitures de collection sont-elles véritablement un danger environnemental ?

 

Les collectionneurs et amateurs de voitures espèrent que le cas parisien inspira les autres collectivités concernées par les Zones à Faibles Émissions.

En effet, les anciennes disposent pour elles d’arguments de poids :

 

  • D’après une consultation nationale des propriétaires de voitures anciennes réalisée en 2017, seul 1% de leurs véhicules ne sont que 1 % à faire appel à des motorisations Diesel.

  • Les anciennes roulent en moyenne quinze fois moins que le parc automobile entier.

  • Elles représentent 0,5 % du parc des onze métropoles concernées par les ZFE-m.

  • En 2019, les 900.000 véhicules de collection étaient responsables de moins d’un centième des émissions polluantes.

  • En 2019, la destruction d’un véhicule représentait environ 12 tonnes de CO2, sa fabrication et son usage pour 100 000 km un minimum de 18 tonnes chacun également. Le renouvellement intégral d’un tel parc, aujourd’hui grandement immobilisé dans des garages, serait donc un non-sens écologique absolu.

  • Les voitures anciennes font partie intégrante du patrimoine culturel et industriel mondial. Ce sont les témoins privilégiés d’époques révolues.

 

Qu’en est-il du reste du territoire ?

 

Les sénateurs français ont mis au point une proposition de loi visant à obtenir une dérogation nationale de circulation des voitures anciennes dans toutes les ZFE. Contrairement à l’Allemagne, il ne s’agira pas d’un système de plaques d’immatriculation mais de vignettes « historiques » semblables aux principes de la pastille Crit’Air.

 

La FFVE est actuellement en train d’étudier avec les élus locaux et l’Assemblée Nationale les possibilités de mise en œuvre de ces dérogations. Si certains écologistes durs s’inquiètent de possibles dérives, les connaisseurs font valoir que la conduite d’une ancienne est bien souvent moins sereine que celle d’une moderne.

 

Pannes plus fréquentes ; disponibilité des pièces aléatoire ; rareté des garagistes agréés, les petits défauts des anciennes qui font leur charme pourraient bien, finalement, leur sauver la mise.


 

Vers quelle ancienne se tourner aujourd’hui ?

 

L’engouement suscité par les voitures anciennes prend de l’ampleur, c’est certain. Roadstr vous propose donc trois articles détaillant les voitures de collection à acheter d’urgence dans trois fourchettes de budget différentes :

 

 

Enfin, voici quelques exemples de voitures devenant éligibles à la carte grise collection en 2021.


 

La Mercedes-Benz SL R129

 

Mercedes-Benz SL R129 noires

Produite entre 1989 et 2001, la SL R129 est un cabriolet allemand luxueux qui a vu changer drastiquement son identité visuelle par rapport à son ancêtre la R107. C’est il y a trente ans, en 1991, que la princesse Diana a troqué sa Jaguar XJS pour le V8 d’une SL 500, délaissant pour la première la préférence nationale britannique. Dessiné par Bruno Sacco, épuré et plus sportif que la précédente génération de SL, le roadster R129 embarque à l’époque une technologie impressionnante. Il sera proposé en plusieurs versions V6, V8 et même V12. Ces voitures sont reconnues pour leur confort et leur fiabilité mécanique.

 

La Porsche 911 964 Turbo

 

Porsche 911 964 Turbo 3.3 rouge

La 911 964 apportera plusieurs nouveautés par rapport à la 911 Type G. Son design marque la transition en le design très « 70s » de sa prédécesseur et celui, plus épuré et arrondi, de la 993 qui lui succèdera en 1994. C’est en 1991 que sera dévoilée la Porsche 964 Turbo, une propulsion équipée d’un flat-six (turbo, vous l’aurez compris) de 3,3L développant 320 chevaux.

 

La Jaguar XJS

 

Jaguar XJS V12 bleue

1991 marque un tournant pour la XJ-S qui perd son trait d’union et gagne grandement en modernité. Plus fiable, mieux motorisée et mieux finie, la nouvelle XJS va bénéficier de cet important renouveau et connaître une augmentation majeure de ses ventes, 16 ans après sa sortie initiale. Ces exemplaires plus récents sont plus performants et économiques, à tel point que le 6 cylindres en ligne devient la version largement préférée au V12 plus lourd et cher.

 

La Porsche 968

 

Porsche 968 bleue

La Porsche 968 est présentée en 1991 par le constructeur allemand. Elle remplace la Porsche 944, leur précédente sportive à moteur avant. Son dessin, légèrement inspiré de la mythique 959, rappelle également la GT de la marque dont elle est la contemporaine, la 968. Malgré un succès mitigé à l’époque, la 968 est une Youngtimer assez discrète, véritable coupé sport aux performances très respectables et au comportement docile, efficace et sûr. Son entretien nécessite cependant une certaine attention.

 

La BMW E36

 

BMW E36 noire

La BMW E36 a la lourde tâche de succéder à la très appréciée E30. Élue plus belle voiture de l’année en 1991, elle adopte une ligne bien plus dynamique et moderne que son ancêtre. Sa version la plus haut-de-gamme, la 325i, développe alors près de 200 chevaux. Son moteur fiable et son design sobre en font une voiture de choix pour les amateurs de youngtimers.

 

La Mazda MX5 NA

 

Mazda MX5 NA rouge

La première génération de MX5 sera produite de 1989 à 1998. Il s’agit là du célèbre roadster de la marque japonaise, durable, économique et épuré. Ses phares pop-up caractéristiques et sa face avant en font l’une des voitures les plus facilement reconnaissables des années 90. Attention cependant : de nombreux exemplaires ont été modifiés par leur(s) ancien(s) propriétaire(s). Pour la carte grise collection, recherchez un modèle original et fidèlement conservé.

 

La Rover Mini

 

Rover Mini dorée à Londres

C’est en 1991 que Rover, alors chargé de la Mini, ressuscite la petite « Austin » avec son moteur 1275 cm3. Vous pouvez également vous tourner vers l’une de ses nombreuses éditions limitées comme la After-Eight. Il s’agit sans doute là, avec la Fiat 500, de la citadine la plus emblématique jamais construite.

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