Il y a dix ans, parier sur une voiture neuve sur dix vendue en Europe serait chinoise aurait fait rire. Aujourd’hui, c’est la réalité. Et la dynamique s’emballe.
Un record historique qui change tout
En mai 2025, les constructeurs chinois ont franchi un cap symbolique en atteignant 5,4 % de parts de marché en Europe, un niveau record, et seulement la deuxième fois que ce seuil était dépassé. À la même période un an plus tôt, ils ne pesaient que 3 %. Une progression vertigineuse, portée par plus de 60 000 véhicules vendus sur le seul mois de mai.
Mais le chiffre le plus parlant est ailleurs. Depuis lors, les marques chinoises pèsent désormais jusqu’à 7,4 % de parts de marché en Europe selon les données de janvier 2026, contre 4 % un an plus tôt, et un pic à 9,5 % atteint en décembre 2025. Le mouvement n’est plus une tendance. C’est une transformation structurelle.
L’hybride rechargeable, arme secrète des Chinois
Les droits de douane européens sur les électriques ont accéléré un pivot stratégique. La part des véhicules électriques dans les ventes chinoises en Europe a fortement reculé, passant de 41 % à 29 % entre mai 2024 et mai 2025. Les hybrides rechargeables ont pris le relais, contournant les taxes et séduisant des acheteurs plus larges. BYD en a fait son arme principale, avec un Seal U DM-i qui s’est écoulé à plus de 7 000 exemplaires en mai 2025.
BYD détrône MG : le duel au sommet
BYD a réalisé la plus belle progression de 2025 avec 186 612 véhicules vendus en Europe, contre seulement 49 590 en 2024. Une multiplication par presque quatre en un an. MG reste premier sur l’ensemble de 2025, mais l’écart entre les deux géants s’est réduit à peau de chagrin : en janvier 2026, seuls 1 431 véhicules les séparent, contre plus de 12 000 un an plus tôt.

Derrière ce duo, Chery monte en puissance avec ses marques Jaecoo et Omoda. Ses ventes européennes ont bondi de 354 % en janvier 2026, faisant du groupe le challenger le plus dynamique du continent.
Des usines sur le sol européen : l’étape décisive
Pour contourner les droits de douane et s’ancrer durablement, BYD a annoncé des usines en Hongrie et en Turquie, tandis que Chery lance une production à Barcelone. Produire en Europe, c’est décrocher l’écoscore français, accéder aux bonus écologiques, et lever les dernières barrières à l’achat.
Une industrie européenne sous pression
La menace n’est plus théorique. Elle se lit dans les chiffres de ventes, dans les concessions qui ouvrent, dans les partenariats qui se forment. Stellantis distribue Leapmotor. Des groupes comme Emil Frey ouvrent leurs réseaux aux marques chinoises. Le marché se réorganise sous nos yeux.




