En 2025, Toyota a écoulé plus de 10,5 millions de véhicules dans le monde, conservant sa couronne de numéro un mondial pour la sixième année consécutive. Un record. Et pourtant, le nouveau patron du groupe tire la sonnette d’alarme. Trop de modèles tuent la rentabilité.
Un empire trop complexe pour rester rentable
Les bénéfices du constructeur japonais ont chuté d’environ 5,3 milliards d’euros entre 2024 et 2025, et une nouvelle baisse de 20 % est projetée. Vendre plus ne suffit plus. Kenta Kon, entré en fonctions le 1er avril dernier, a passé ses premiers mois à parcourir les centres de R&D du groupe. Ce qu’il y a vu l’a alerté.
Des ingénieurs épuisés, des coûts qui s’envolent
Aux États-Unis seulement, Toyota opère comme la dernière marque généraliste complète du marché : 32 modèles distincts, plus 14 sous la bannière Lexus. À l’échelle mondiale, en incluant les filiales Daihatsu et Hino, ce sont plus de 100 véhicules différents qui sortent des lignes d’assemblage. Le PDG est direct : trop de spécifications et de variantes font grimper les coûts sans créer de valeur réelle. Résultat : des équipes dispersées, des budgets grignotés, une efficacité en berne.
Quels modèles pourraient disparaître ?
Rien n’est officiel. Mais des signaux existent déjà. La berline électrique Lexus LF-ZC, dont la sortie était prévue pour 2027, a été abandonnée en raison d’une faible demande anticipée et de coûts de développement jugés trop élevés. D’autres modèles confidentiels pourraient suivre.
Le Land Cruiser 70 : symbole d’une gamme hors du temps
À l’opposé, certains modèles anciens restent intouchables. Le Toyota Land Cruiser série 70, lancé en 1984, est toujours commercialisé en Australie et au Japon. Quarante-deux ans d’existence, des mises à jour régulières, et une réputation d’indestructibilité qui lui assure encore une clientèle fidèle. La longévité peut aussi être une force.
Réduire la gamme, pas les motorisations
Rationaliser ne veut pas dire tout supprimer. Kenta Kon l’a confirmé : l’essence, l’hybride, le rechargeable et même le diesel resteront au catalogue. La production hybride sera même renforcée. Toyota ne mise pas tout sur l’électrique. Akio Toyoda, reconduit à la présidence du conseil d’administration, estime que les véhicules électriques ne dépasseront jamais 30 % des ventes mondiales. Un pari assumé, et de plus en plus solitaire dans l’industrie.
Toyota n’est pas seule dans cette réflexion. Volkswagen mène sa propre restructuration agressive, elle aussi contrainte de tailler dans ses gammes pour retrouver de la compétitivité. La tendance est globale : moins, mais mieux.
Reste à savoir quels modèles passeront à la trappe. La réponse pourrait changer le visage de Toyota pour la prochaine décennie.




