Sept faillites au compteur, et pourtant Aston Martin obtient encore un financement colossal. Le constructeur britannique vient de sécuriser 550 millions de livres, soit environ 675 millions d’euros, auprès des marchés de la dette. Une opération qui en dit long sur l’urgence financière de la marque.
Un sauvetage orchestré par HPS Investment Partners
Le montage financier n’a rien d’anodin. Il est piloté par HPS Investment Partners, gestionnaire d’actifs désormais rattaché à BlackRock. Il se compose de plusieurs briques : un prêt à terme sécurisé de 450 millions de livres (environ 515 millions d’euros) et un prêt à terme à tirage différé de 100 millions de livres (environ 115 millions d’euros). Une capacité d’endettement supplémentaire, plafonnée également à 100 millions de livres, complète l’ensemble.
Un taux d’intérêt qui rappelle la fragilité du groupe
Ces emprunts s’assortissent d’un taux fixé à 6,75 % au dessus du SONIA, l’indice de référence britannique. Ils arrivent à échéance en juillet 2031. De quoi porter la liquidité pro forma d’Aston Martin autour de 390 millions d’euros au 30 juin. Un matelas financier vital, mais qui ne servira pas à développer de nouvelles supercars. L’essentiel de l’enveloppe doit éteindre des dettes plus anciennes, notamment une facilité de crédit renouvelable de 170 millions de livres et une ligne de 20 millions de livres tirée auprès du Yew Tree Consortium, le véhicule d’investissement de Lawrence Stroll, copropriétaire de la marque et patron de son écurie de Formule 1.
Geely, l’ombre chinoise qui plane sur Gaydon
Doug Lafferty, directeur financier d’Aston Martin, présente cette opération comme un renforcement net de la liquidité, offrant davantage de résilience pour dérouler les futurs programmes produits. Mais le contexte reste tendu. Ce refinancement intervient quelques semaines seulement après des rumeurs persistantes autour du géant chinois Geely, présenté comme un repreneur potentiel.
Une valorisation qui s’est effondrée
Le groupe fondé par Li Shufu possède déjà Lotus et London Electric Vehicle Company, et son patron affiche un goût affirmé pour les marques britanniques. Le contexte lui est favorable : valorisée près de 4,9 milliards d’euros lors de son entrée en Bourse, Aston Martin pèse aujourd’hui moins d’un dixième de ce montant. Un effondrement qui rend la marque accessible, alors qu’elle a déjà supprimé un cinquième de ses effectifs, reporté ses investissements électriques et cédé les droits de dénomination de son équipe de F1.
Vers un nouveau chapitre pour la marque de Gaydon ?
Aston Martin promet un redressement de ses résultats grâce à un mix produit enrichi. Mais ce nouvel emprunt suffira-t-il à briser le cycle des refinancements à répétition ? La question n’est peut-être plus de savoir si la marque changera de mains, mais quand. Roadstr continue de suivre de près l’avenir de ce constructeur mythique et vous tient informés de chaque rebondissement.




