Alfa Romeo vit un premier semestre 2026 à double visage. Portée par un seul modèle, la marque italienne progresse sur presque tous les continents. Mais aux États-Unis, marché stratégique s’il en est, les ventes s’effondrent. Décryptage d’une croissance à deux vitesses.
Le Junior, moteur unique de la croissance mondiale
Commercialisé dans 45 pays, l’Alfa Romeo Junior devient le modèle le plus vendu de la marque et tire à lui seul la dynamique internationale. Les immatriculations bondissent de 24 % au Royaume Uni. En France, la marque renoue avec la croissance en juin, avec une hausse de 11,5 % après un recul de près de 19 % depuis janvier.
En Asie, la progression atteint 50 %, portée par le Japon où les ventes doublent quasiment sur un an. Le Mexique affiche lui aussi une hausse de 90 %, dopée par l’arrivée récente du Junior. Alfa Romeo poursuit son expansion à Singapour et à Taïwan, et couvre désormais 70 pays au total.
Un succès qui reste à nuancer
Les versions 100 % électriques du Junior ne représentent que 16 % des ventes mondiales du modèle. En France, il totalise 2 291 immatriculations depuis janvier, un chiffre en baisse de 10,72 % sur un an. Le succès international masque donc des équilibres plus fragiles selon les marchés.
Aux États-Unis, la chute est brutale
Sur la période janvier juin 2026, Alfa Romeo n’écoule que 1 747 véhicules aux États-Unis, soit un recul de 45 % sur un an. La gamme locale se limite à la Giulia, au Stelvio et au Tonale, sans le Junior, alors que les automobilistes américains privilégient des véhicules plus imposants.
Des remplaçantes attendues, mais reportées
Les futures Giulia et Stelvio, pensées à l’origine en tout électrique, doivent être repensées pour intégrer des motorisations hybrides et thermiques. Cette réorientation retarde leur arrivée, désormais espérée en 2028 seulement. Le Tonale, censé porter les ventes américaines, peine face aux BMW X1, Mercedes GLA et Audi Q3.
Une identité sportive qui résiste, mais ne suffit plus
Les Giulia et Stelvio Quadrifoglio, prolongées jusqu’en 2027, représentent encore 7 % des ventes cumulées des deux modèles. Les 33 exemplaires de la 33 Stradale et les 10 Giulia Quadrifoglio Luna Rossa trouvent tous preneur, preuve que le savoir faire sportif d’Alfa Romeo séduit toujours une clientèle de niche.
Mais ces séries confidentielles ne compensent pas les difficultés sur les gros volumes. Avec la stratégie FastLane de Stellantis, les investissements se concentrent surtout sur Jeep, Peugeot ou Fiat, laissant Alfa Romeo avec des marges de manœuvre réduites pour se relancer aux États-Unis. Roadstr continuera de suivre de près l’évolution de la marque au trèfle.




