Avant même de montrer sa carrosserie, Ferrari a choisi de dévoiler l’âme de sa révolution électrique : l’habitacle de la Luce. Et autant le dire tout de suite, Maranello n’a rien fait comme les autres. Pour sa première 100 % électrique, attendue pour mai 2026, le constructeur italien s’est associé à Jony Ive, l’ancien patron du design chez Apple, et à Marc Newson. Leur mission ? Réinventer le poste de conduite Ferrari sans trahir son ADN. Résultat : un cocktail inattendu de verre, d’aluminium usiné et d’aiguilles physiques, à rebours de l’époque du tout-tactile.
Un manifeste anti-écran tactile signé Jony Ive
Oubliez les tablettes géantes qui saturent les habitacles modernes. Pour Jony Ive, « dans une voiture, le tactile est la mauvaise technologie ». Exit donc les menus à rallonge et les interfaces qui demandent de quitter la route des yeux. À bord de la Luce, tout redevient physique : basculeurs, molettes en aluminium massif, palettes au volant, commandes intuitives. Quarante pièces en verre, contre trois ou quatre dans une berline premium classique, composent cet intérieur radical, dont pas un gramme de plastique. Le verre utilisé ? Du Corning Fusion5, percé au laser de 13 000 micro-trous pour intégrer des graphismes rétroéclairés. Une prouesse technique au service d’une lisibilité immédiate.


Des aiguilles qui tournent à 360° et un combiné en trois dimensions
Le combiné d’instruments de 12,86 pouces (écrans OLED Samsung) superpose trois cadrans selon une ingénierie minutieuse. Vitesse à gauche, données critiques au centre, compte-tours à droite. Mais la vraie surprise, ce sont les aiguilles : physiques, en aluminium anodisé, rétroéclairées par quinze LED et capables d’une rotation complète à 360°. Des lentilles convexes créent un effet de parallaxe qui fait flotter les graphiques à différentes profondeurs. Typographie inspirée des compteurs Veglia et Jaeger des Ferrari classiques, fond jaune emblématique, tolérances au millimètre : tout rappelle que la Luce reste une Ferrari, électrique ou pas.

1 000 ch, quatre moteurs, un volant en hommage aux années 50
Sous la robe, la Luce ne plaisante pas : 1 000 chevaux répartis sur quatre moteurs électriques, 0 à 100 km/h en moins de 2,5 secondes, batterie de 122 kWh pour 530 km d’autonomie WLTP. Quatre portes, quatre places, c’est une Ferrari comme on n’en a jamais vu. Mais pour conserver « l’émotion », Maranello a intégré un mode manuel avec palettes qui simulent les passages de rapports, à la manière de la Hyundai Ioniq 5 N. Le volant trois branches, lui, rend hommage aux mythiques Nardi en bois des années 1950. Fabriqué en aluminium 100 % recyclé, il pèse 400 grammes de moins qu’un volant Ferrari standard et regroupe dix-neuf pièces usinées à cinq axes. Modules analogiques inspirés de la F1, retours mécaniques testés plus de vingt fois par les pilotes d’essai : chaque détail compte.
Un écran pivotant et une clé en verre qui change de couleur
L’écran central OLED de 10,12 pouces pivote sur rotule, orientable vers le conducteur ou le passager. Molettes inspirées de l’aéronautique pour la clim, bouton de volume en verre gravé au laser, multigraph à trois moteurs (horloge, chrono, boussole)… Même les rangements s’ouvrent en papillon. Et la clé ? Sculptée dans du Corning Fusion5, elle passe du jaune au noir à l’insertion magnétique, déclenchant une séquence lumineuse digne d’un rituel de démarrage.


Une Ferrari électrique peut-elle avoir une âme ?
Le pari est audacieux. D’un côté, ce langage visuel, rectangles arrondis, alu brossé, cadrans façon Apple Watch, pourrait évoquer davantage un « produit tech » qu’un pur-sang italien. De l’autre, Ferrari et Jony Ive semblent avoir trouvé la voie : redonner profondeur et lisibilité au numérique sans sacrifier l’intuitivité. Pas de plastique, pas de menus cachés, juste du verre, du métal et des aiguilles qui tournent. L’extérieur de la Luce sera dévoilé en mai 2026. D’ici là, une certitude : le Cheval Cabré n’a pas dit son dernier mot. Et vous, prêt à parier sur cette révolution italienne ?




