C’est une décision qui provoque un véritable tollé. Le budget 2026 acte la fin du financement du permis de conduire par le Compte Personnel de Formation (CPF) pour la grande majorité des Français. Seule une catégorie d’actifs pourra encore y prétendre.
Depuis le vendredi 24 janvier 2026, la nouvelle est officielle : le gouvernement maintient l’amendement voté au Sénat en décembre dernier. Fini le permis de conduire financé par votre CPF si vous êtes salarié. Les demandeurs d’emploi restent les seuls bénéficiaires de ce dispositif, tandis que l’aide de 500 € destinée aux apprentis est également supprimée.
Le permis B, champion déchu du CPF
Le permis B coûte aujourd’hui entre 1 500 et 2 000 euros en moyenne. Depuis 2019, il était devenu la formation la plus souvent financée par le CPF, représentant 23 % des formations en 2023. Un quart des candidats au permis B ont eu recours à leur CPF en 2024, soit environ 375 000 personnes. Ce dispositif représentait une bouée de sauvetage pour de nombreux actifs modestes dépendant de la voiture pour travailler.
Pourquoi cette suppression ? Le gouvernement souhaite réorienter l’usage du CPF vers des formations jugées plus utiles aux reconversions professionnelles, comme les bilans de compétences. Selon les données de la DARES, 43 % des bénéficiaires résident en Île-de-France, et 74 % déclarent un usage principalement personnel. Pour les parlementaires, ces chiffres justifient un recentrage du dispositif.
Les auto-écoles en première ligne
Pour le secteur de la conduite, c’est un coup dur. Edouard Rudolf, vice-président de la FENAA, n’hésite pas à parler d’une « bombe sociale ». De nombreuses structures dépendaient à plus de 50 % des candidats financés par le CPF. L’association « 40 millions d’automobilistes » et la Fédération des auto-écoles nouvelle génération dénoncent une mesure qui crée une véritable fracture sociale.
Qui peut encore bénéficier du CPF pour son permis ?
Trois catégories restent éligibles : les demandeurs d’emploi conservent un accès total au financement CPF pour leur permis B. Les permis poids lourds demeurent également financés, car liés à un objectif professionnel clair. Enfin, l’aide de 500 € pour les apprentis a finalement été maintenue après la mobilisation des CFA et des zones rurales.
Agissez avant qu’il ne soit trop tard
Si vous êtes salarié et envisagez de passer votre permis, le temps presse. Un flou juridique persiste tant que les décrets d’application ne sont pas publiés, attendus pour la fin du premier trimestre 2026. Certaines auto-écoles conseillent de valider son dossier maintenant pour tenter de bénéficier du dispositif.
Une réforme qui divise profondément
Cette restriction pose une question essentielle : comment financer sa mobilité quand on est ouvrier, aide à domicile ou intérimaire en zone rurale ? Les transports collectifs restent largement concentrés dans les grandes agglomérations. Pour des millions de Français, la voiture n’est pas un choix, c’est une nécessité pour travailler. Cette réforme marque un tournant : le CPF redevient strictement un outil de formation professionnelle certifiante, fermant la porte à l’autonomie de mobilité pour les actifs les plus fragiles.




