Le Scorpion pique à nouveau. Après des années sous le signe du tout-électrique, Abarth envisage sérieusement de renouer avec l’essence. Un virage inattendu qui agite le monde de l’automobile et redonne espoir aux puristes.
Le virage électrique d’Abarth : un pari raté
La gamme européenne d’Abarth se résume aujourd’hui à deux modèles exclusivement électriques : les versions haute performance de la Fiat 500 et du crossover 600. Et les résultats commerciaux sont sévères : à peine plus de 1 030 exemplaires vendus en 2025, contre 4 867 en 2024. Un effondrement commercial brutal.
Abarth a toujours été une marque de passionnés, de bricoleurs, de préparateurs. Et sur une électrique, difficile de « jouer » avec la mécanique. La clientèle historique s’est évaporée presque aussi vite que les moteurs thermiques ont disparu.
Des tarifs qui ont fait fuir les Abarthisti
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 36 900 € pour une Abarth 500e, 44 900 € pour une 600e. À cela s’ajoute une autonomie jugée trop faible, environ 250 km pour la 500e et 320 km pour la 600e en usage réel. Pour une marque fondée sur l’accessibilité et l’émotion, la rupture est totale.
Essence et Grande Panda : les pistes sur la table
La renaissance se dessine. Selon Autocar, la marque au Scorpion étudierait la possibilité d’installer des moteurs essence sous les capots des Abarth 500 et 600. Des versions badgées Scorpion des Fiat Panda et Grande Panda seraient également dans les cartons.
Gaetano Thorel, directeur d’Abarth pour l’Europe, a mis le doigt sur l’identité fondatrice de la marque : « Quand vous parlez à un passionné Abarth, c’est plus qu’une marque de performance : ça a toujours été une marque de préparation. Les gens adoraient mettre les mains dans le moteur. Avec l’électrique, vous ne pouvez pas faire ça. Nous étudions donc la possibilité de faire une Abarth avec un moteur thermique, mais seulement si nous sommes en mesure de lui donner le bon ADN. »
La Grande Panda comme première étincelle
La Grande Panda pourrait reprendre un groupe motopropulseur inspiré de la version 4×4 concept, avec un second moteur sur l’essieu arrière pour décupler la puissance. Pour la 500 et la 600, le moteur 1.2 trois cylindres, déjà au catalogue Stellantis, est le principal suspect. Il développe 145 ch en mild-hybrid, mais la vraie question est la marge disponible pour atteindre un niveau de puissance digne d’une Abarth.
Un retour possible, mais pas sans obstacles
Tout n’est pas si simple. En 2025, la limite moyenne d’émissions imposée aux constructeurs en Europe est fixée à 81 g/km de CO?. Une Abarth thermique de la génération précédente émettait jusqu’à 164 g/km. Cela représenterait une pénalité de l’ordre de 6 840 € à la charge de Stellantis pour chaque voiture vendue. L’équation financière est vertigineuse.
Techniquement, produire une nouvelle Abarth thermique reste faisable. La vendre dans ce cadre réglementaire, beaucoup moins. Tout dépendra du nouveau plan industriel de Stellantis, dont les arbitrages décisifs sont attendus prochainement.




