Huit ans après la fin chaotique d’Autolib, la voiture partagée s’apprête à revenir en Île-de-France. Mais cette fois, presque rien ne fonctionnera comme avant. Îlede-France Mobilités vient de lancer un appel à candidatures pour déployer 500 véhicules en libre-service dès 2027.
Un projet qui n’a d’Autolib que le nom
L’objectif affiché reste identique à celui de 2011 : proposer une alternative crédible à la seconde voiture individuelle pour les foyers franciliens. Sur le papier, le principe ne change pas. Dans les faits, presque tout est repensé.
Fini l’opérateur unique
Contrairement à Autolib, exploité en exclusivité par un seul groupe pendant sept ans, plusieurs entreprises pourront désormais se partager le réseau. Cette mise en concurrence vise à éviter la dépendance totale à un acteur unique, l’un des points faibles régulièrement pointés du côté de l’ancien système.
Les communes soulagées des coûts d’infrastructure
Le financement change aussi de logique. Île-de-France Mobilités prévoit d’investir environ 75 millions d’euros pour remettre en état les anciennes stations et installer de nouvelles bornes de recharge. Les villes, elles, n’auront plus qu’à mettre le foncier à disposition, sans supporter les coûts d’aménagement. Sur les 4 255 bornes installées à l’époque d’Autolib, seule une partie reste utilisée aujourd’hui, ce qui impose un vrai travail de réhabilitation avant tout redémarrage.
Le contexte a changé, et c’est peut-être l’essentiel
En 2018, la voiture électrique restait marginale et les zones à faibles émissions n’existaient pas encore. Garder une seconde voiture coûtait bien moins cher qu’aujourd’hui. Depuis, les prix ont grimpé, le réseau de recharge s’est étoffé et les restrictions de circulation se sont multipliées dans les grandes villes.
Un marché devenu plus mature
L’autopartage lui même a évolué. Plusieurs opérateurs se sont installés en France, les usages se sont normalisés et les collectivités disposent aujourd’hui d’un vrai retour d’expérience sur les conditions de viabilité économique de ce type de service, un savoir qui manquait cruellement au moment du lancement d’Autolib.
Une seconde chance, pas une garantie
Tout n’est pas gagné pour autant. Plusieurs élus s’interrogent déjà sur la possibilité de récupérer des places Autolib parfois réaffectées à d’autres usages depuis 2018. Certains acteurs du secteur estiment aussi qu’une flotte de seulement 500 véhicules restera trop limitée pour changer durablement les habitudes de déplacement en Île-de-France.
L’échec d’Autolib ne signifiait peut-être pas que l’autopartage de masse était impossible, simplement que le contexte et le modèle économique n’étaient pas encore réunis. Huit ans plus tard, Île-de-France Mobilités tente de corriger les deux à la fois. De quoi suivre de très près ce nouveau chapitre de la mobilité francilienne.




