Vingt-huit ans. C’est le temps qu’aura duré l’aventure entre Volkswagen et Bugatti. Un mariage de raison, de prestige et de prouesses techniques qui s’achève sur une transaction historique. L’avenir du losange ovale de Molsheim s’écrira désormais sous pavillon américain.
Une cession signée, une page définitivement tournée
Le 24 avril 2026, Porsche a officiellement signé les accords de cession de ses parts dans Bugatti Rimac et dans le groupe Rimac à un consortium mené par HOF Capital, fonds d’investissement basé à New York. Porsche abandonne ainsi ses 45 % détenus dans la coentreprise Bugatti Rimac, ainsi que ses 20,6 % dans le groupe Rimac. L’acquéreur principal, HOF Capital, est accompagné de BlueFive Capital en tant qu’investisseur de référence, ainsi que de plusieurs fonds institutionnels américains et européens.
HOF Capital est un fonds américain fondé par la famille milliardaire égyptienne Sawiris. Un profil international assumé, pour une marque qui n’a jamais voulu être ordinaire.
Pourquoi Porsche a cédé ?
La réponse est brutale : les chiffres. Porsche a subi en 2025 un effondrement de son bénéfice opérationnel de l’ordre de 92 à 93 %, avec une marge réduite à seulement 1,1. %Droits de douane américains, recul des ventes en Chine, retour sur investissement décevant dans l’électrique : le constructeur de Stuttgart n’avait plus les moyens de s’offrir le luxe de Bugatti. La cession permettra à Porsche de se recentrer sur ses activités principales, notamment des modèles à plus fort volume comme le Macan et les nouvelles variantes de la 911.
Rimac aux commandes, Bugatti vers une nouvelle identité
Une fois l’opération finalisée, le groupe Rimac prendra le contrôle de Bugatti Rimac et formera un partenariat stratégique avec HOF Capital et BlueFive Capital pour soutenir sa croissance continue. Mate Rimac, fondateur du groupe croate et CEO de Bugatti Rimac, devient l’homme central de ce nouveau chapitre.
La Tourbillon, symbole du Bugatti de demain
La Tourbillon donne un avant-goût de ce qui est possible sous la direction de Rimac : son V16 atmosphérique de 8,3 litres, associé à trois moteurs électriques, développe 1 775 ch au total. Sans le catalogue pièces de Volkswagen, Bugatti devra désormais inventer ses propres solutions. Une liberté totale. Un risque assumé. Et peut-être, une renaissance.
Un mythe français entre de nouvelles mains : et maintenant ?
La valorisation de Bugatti Rimac est estimée à plus d’un milliard d’euros, ce qui suggère que Porsche aurait pu lever environ 500 millions d’euros rien qu’avec cette cession. Les termes exacts restent confidentiels, et la finalisation de l’opération est attendue avant la fin de l’année 2026, sous réserve des autorisations réglementaires.
Bugatti repart de zéro, ou presque. Molsheim reste. L’ADN reste. Mais l’ère Volkswagen, elle, est bel et bien révolue. Pour les passionnés, c’est une page qui se tourne avec mélancolie. Pour Mate Rimac et ses nouveaux partenaires, c’est une feuille blanche.




