Dès la première journée de contrôles, les agents de la répression des fraudes ont détecté des anomalies dans 15 à 16 % des stations inspectées, dont certaines ont été sanctionnées par des amendes. Une révélation qui donne raison à tous les automobilistes qui se demandaient si leur station jouait vraiment le jeu.
Une opération inédite déclenchée en urgence
Face à la flambée des prix, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un plan exceptionnel de 500 contrôles dans les stations-service, menés entre lundi et mercredi, pour éviter les hausses abusives des prix à la pompe. Ces vérifications, conduites par la DGCCRF sur l’ensemble du territoire, représentent un volume de contrôles habituellement réalisé sur six mois, concentré cette fois sur trois jours seulement.
Le message est clair : certains acteurs seraient tentés de profiter du contexte géopolitique pour gonfler leurs marges. Le Premier ministre a été direct : la guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives à la pompe.
Des hausses brutales qui ont mis le feu aux poudres
Le gazole a dépassé lundi la barre symbolique des 2 euros le litre dans l’Hexagone, un seuil inédit depuis l’été 2022. Depuis fin février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, le gazole a pris 28 centimes au litre en France, soit un bond de 16 %. Pour un plein de 50 litres, la facture a alourdi le budget des ménages de plusieurs euros d’un seul coup.
Des anomalies confirmées, des sanctions annoncées
Sur 231 stations contrôlées lors de la première vague, environ 16 % présentaient une anomalie. Ces anomalies ne correspondent pas toutes à des hausses abusives : certaines concernent des manquements administratifs ou des problèmes d’affichage des prix.
Certaines stations avançaient masquées, affichant un prix sur internet et pratiquant un tarif différent, plus élevé, à la pompe. Le gouvernement a également prévenu que les entreprises reconnues coupables pourraient être rendues publiques, selon le principe du « name and shame ».
Le débat politique s’invite à la pompe
Les oppositions n’ont pas tardé à réagir. Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont proposé une baisse de la TVA et de l’accise sur les carburants. Jean-Luc Mélenchon, lui, a réclamé un blocage pur et simple des prix. Le gouvernement rejette ces options : la ministre de l’Énergie Maud Bregeon estime qu’une telle mesure créerait un manque à gagner d’environ 20 milliards d’euros pour les finances publiques.
Que faire en attendant la suite ?
Le bilan définitif des 500 contrôles sera rendu public en fin de semaine. D’ici là, une chose concrète : avant de faire le plein, comparez les prix sur prix-carburants.gouv.fr pour trouver la station la moins chère près de chez vous.
La surveillance du marché est engagée. Mais la question de fond reste entière : tant que les tensions géopolitiques persisteront et que la fiscalité pèsera plus de la moitié du prix à la pompe, les automobilistes français resteront en première ligne.




