La méga-fusion annoncée en grande pompe fin 2024 s’est effondrée en février 2025. Protocole d’accord signé, ambitions affichées, puis silence. Et pourtant, l’histoire n’est pas terminée.
Un naufrage annoncé, mais pas une rupture définitive
En décembre 2024, Nissan et Honda avaient signé un protocole d’accord historique visant à créer une société holding commune, avec Mitsubishi dans leur sillage. L’objectif était clair : former le troisième constructeur mondial, avec un chiffre d’affaires combiné frôlant les 191 milliards d’euros. Deux mois plus tard, en février 2025, le protocole était officiellement rompu. Trop de chevauchements entre les gammes, les marchés clés et les sites de production. Trop de fragilités financières aussi.
Des bilans dans le rouge, des priorités à revoir
Honda a encaissé environ 1,8 milliard d’euros de pertes sur neuf mois, liées à des investissements trop précoces dans l’électrique. Nissan anticipe une deuxième année consécutive de pertes supérieures à 3,7 milliards d’euros, avec la fermeture programmée de sept usines et 20 000 suppressions d’emplois. Dans ce contexte, Ivan Espinosa, CEO de Nissan, est sans ambiguïté : « S’appuyer sur d’autres ne signifie pas forcément planifier la réussite. »
Ce qui reste concret sur la table
Malgré l’échec de la fusion, les trois marques maintiennent un cadre de partenariat stratégique établi en août 2024, centré sur l’électrification et les logiciels embarqués. Nissan et Mitsubishi avancent ensemble : une version de la Leaf électrique est déjà fournie à Mitsubishi, et un SUV commun pour le marché nord-américain est à l’étude. L’Outlander hybride rechargeable de Mitsubishi est commercialisé sous le badge Rogue aux États-Unis pour combler les lacunes de la gamme Nissan.
Honda joue la prudence
Du côté de Honda, le vice-président exécutif Noriya Kaihara confirme que les discussions portent sur des modèles complémentaires et des plateformes logicielles partagées, mais sans calendrier précis. « Nous avons tous progressé individuellement, il n’est pas encore temps de tirer des conclusions. » Une posture mesurée, mais pas un désengagement.
Une alliance à trois, en attente de sa vraie forme
L’industrie automobile vit une mutation profonde. Les constructeurs chinois gagnent du terrain, les coûts de développement de l’électrique explosent, et l’IA redessine les règles du jeu. Face à ces défis, Nissan, Honda et Mitsubishi ont tout intérêt à avancer ensemble, même prudemment. La voie de la fusion totale est fermée pour l’instant. Celle d’un partenariat ciblé, technologique et industriel, reste ouverte.




