Une Bentley Brooklands de 1996, teintée d’un bleu royal profond, achetée neuve à Rome par Giorgio Armani. Sept mois seulement au compteur de la légende. Le 25 avril, Monaco tranche.
Une Brooklands pas comme les autres
Armani avait commandé cette Brooklands neuve en mars 1996 et s’en était séparé dès septembre, après seulement sept mois d’utilisation quotidienne. Le véhicule est ensuite resté en Italie, dans les mains d’un second propriétaire de la région romaine. Détail qui ne trompe pas : la plaque d’immatriculation originale portant ses initiales, AG138SE, est toujours présente sur le véhicule.
Extérieurement, la voiture impose. Carrosserie bleu nuit aristocratique soulignée d’un liseré Parchment, proportions imposantes, allure souveraine. À bord, l’atmosphère évoque un club privé londonien : cuir beige, moquette Portland Stone, boiseries en ronce de noyer. Rien n’a été laissé au hasard. Il s’agit de l’un des 153 exemplaires à conduite à gauche produits pour l’année modèle 1996.


Un V8 turbo pour rouler avec dignité
Sous le capot, le V8 6,75 litres turbocompressé, nouveauté technique de l’année modèle 1996, développe 300 chevaux. De quoi propulser près de trois tonnes avec une sérénité toute britannique. Le 0 à 100 km/h s’abat en environ 8 secondes, pour une vitesse de pointe autour de 210 km/h. Pas une fusée. Une cathédrale mobile.
Monaco, le 25 avril : la question du prix
C’est RM Sotheby’s qui orchestrera la vente, dans le cadre de sa prestigieuse vente monégasque. Les experts estiment la valeur du véhicule entre 45 000 et 90 000 euros. Un écart significatif, révélateur de l’incertitude que suscite toujours la cote des voitures de célébrités.
La prime Armani : rationnelle ou purement émotionnelle ?
Le prix moyen d’une Brooklands des années 1990 sans pedigree illustre tourne autour de 16 000 dollars sur le marché classique. La survaleur ici ne tient pas à la mécanique. Elle tient à un nom, à une histoire, à sept mois partagés avec l’un des stylistes les plus influents du XXe siècle. Irrationnel ? Sans doute. Irrésistible ? Certainement.
Le luxe discret comme ultime héritage
Giorgio Armani n’est plus là pour défendre son goût. Mais cette Bentley parle à sa place : sobre, élégante, jamais ostentatoire. Un objet qui ne crie pas son prix. Au sommet de son pouvoir et de sa notoriété, le couturier avait choisi cette Brooklands comme voiture du quotidien, préférant la discrétion britannique à l’exubérance italienne.




