Rome, avril 2026. Entre coupoles baroques et pavés millénaires, Lamborghini n’est pas venu faire de la figuration. Le constructeur de Sant’Agata Bolognese a choisi la Ville Éternelle pour dévoiler l’une de ses œuvres les plus abouties : une Miura SV de 1972 ramenée à l’état exact de sa livraison d’origine. Soixante ans après la naissance du modèle, l’émotion est intacte.
Une renaissance de trois ans au cœur de Rome
C’est dans le cadre de la première édition de l’Anantara Concorso Roma, La Dolce Vita delle Automobili, que Lamborghini a présenté son dernier chef-d’œuvre de restauration : une Miura SV de 1972, certifiée et ramenée à sa configuration d’origine après trois années de travail minutieux par le Polo Storico, le département patrimoine de la marque. La présentation officielle s’est tenue à la Casina Valadier, perchée sur la colline du Pincio, face aux toits de Rome. Un écrin à la hauteur du sujet.
L’authenticité et l’histoire de la voiture ont été certifiées par le Polo Storico. La restauration intérieure a elle aussi fait l’objet d’une reconstruction soignée : remise en conformité de la préparation pour la climatisation, ajustement des commandes, volant plus compact et levier de frein à main allongé.

Chaque détail, une enquête historique
La voiture était arrivée à Sant’Agata fin 2023 dans un état non conforme à ses spécifications d’origine. Tout a été décortiqué : prises d’air, grilles de ventilation, éléments de carrosserie spécifiques, écrous de roue à serrage central, ligne d’échappement. Une attention particulière a été portée à la peinture « Luci del Bosco » (brun doré), associée à la sellerie « Sénat », des teintes qui ont évolué au fil des années de production et ont nécessité des recherches d’archives approfondies pour retrouver la bonne référence chromatique. Rien n’a été laissé au hasard. Rien.



La Miura P400 du film The Italian Job : la légende brisée
Lamborghini ne s’est pas contenté d’une seule star. Trois autres véhicules historiques appartenant à des propriétaires privés ont participé au concours : deux Countach 25th Anniversary et une Miura P400 de 1968, célèbre pour son apparition dans la scène d’ouverture du film The Italian Job de 1969.
Non, elle n’a pas été détruite
C’est l’un des mythes automobiles les plus tenaces. Contrairement à ce qui est souvent rapporté, la voiture n’a pas été détruite pendant le tournage. Son identité a été confirmée par le Polo Storico, qui a réalisé sa restauration et sa certification en 2019, à l’occasion du 50e anniversaire du film. À Rome, la Miura P400 a fait ce que font les vraies légendes : elle a gagné. Première de sa catégorie, elle a également reçu le prix spécial « La vettura di Cinecittà », dédié aux automobiles liées au monde du cinéma.
60 ans et toujours reine
La Miura fête cette année ses 60 ans. Six décennies après avoir réinventé la notion même de supercar, elle continue de voler la vedette dans les concours les plus prestigieux du monde. Le Polo Storico incarne aujourd’hui la garantie ultime d’authenticité pour les collectionneurs : chaque vis, chaque couleur, chaque courbe restituée à son état d’origine représente une valeur patrimoniale considérable.




