C’est la fin d’une époque. Tesla met un terme définitif à la production de ses Model S et Model X dès le deuxième trimestre 2026. Ces deux icônes qui ont révolutionné le marché du véhicule électrique il y a plus d’une décennie s’apprêtent à quitter définitivement le catalogue. Mais le plus surprenant ? Ce qui va prendre leur place à l’usine de Fremont.
Un adieu brutal pour les pionnières de l’électrique
Elon Musk l’a annoncé sans détour lors de la conférence téléphonique consacrée aux résultats du quatrième trimestre 2025 : il est temps d’accorder une « sortie honorable » aux Model S et Model X. La berline, lancée en 2012, et le SUV aux portes papillon, arrivé en 2015, ont pourtant façonné l’image de Tesla et démocratisé la voiture électrique auprès du grand public.
Actuellement commercialisées respectivement à partir de 109 990 € et 114 990 € en France, ces deux modèles haut de gamme affichent des performances époustouflantes : 0 à 100 km/h en 2,1 secondes pour la Model S Plaid, autonomie de 634 km, vitesse de pointe de 322 km/h. Pourtant, leurs ventes s’effondrent. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec moins de 50 000 unités vendues mondialement en 2025, soit une chute de plus de 30 %, ces modèles ne justifient plus les capacités industrielles qu’ils mobilisent.


Des tentatives de relance avortées
Le restylage opéré mi-2025, accompagné d’une hausse tarifaire moyenne de 5 000 €, n’a rien changé. En France, seulement 514 exemplaires ont trouvé preneur en 2024. L’usine de Fremont, capable de produire 100 000 unités par an, tourne désormais au ralenti sur ces lignes. Un luxe que Tesla ne peut plus se permettre.
Place aux robots humanoïdes : le pari d’Elon Musk
Voici le véritable coup de théâtre : Tesla va reconvertir l’espace de production des Model S et X pour fabriquer son robot humanoïde Optimus. Objectif annoncé ? Un million d’unités par an d’ici fin 2026. Mesurant 170 cm pour 56 kg, Optimus Gen 3 représente selon Musk « un relais de croissance majeur » pour l’entreprise.
Le dirigeant ne cache pas ses ambitions : commercialiser ce robot auprès du grand public dès 2027, à un prix inférieur à 18 000 €. « Si l’on dispose d’une IA omniprésente et de robots omniprésents, l’économie mondiale connaîtra une explosion sans précédent », a-t-il martelé.
Des investissements colossaux pour changer d’identité
Cette réorientation stratégique s’accompagne d’investissements massifs : plus de 20 milliards de dollars en 2026, dont 1,6 milliard d’euros dans xAI, la société d’intelligence artificielle de Musk. Tesla investit également dans le Cybercab (son robotaxi sans volant), les batteries LFP et le stockage d’énergie.
Un virage risqué pour l’avenir du constructeur
Cette mutation interroge. Si l’avenir de Tesla réside dans la robotique et l’autonomie, qu’adviendra-t-il du Roadster ou de la tant attendue Model 2 à 30 000 € ? Pour l’instant, l’équilibre financier du groupe repose toujours massivement sur les Model 3 et Model Y, qui ont représenté 97 % des 1,59 million de livraisons en 2025.
Vous envisagiez d’acheter une Model S ou X ? C’est le moment ou jamais : les commandes sont encore ouvertes, mais pour quelques mois seulement. Après cela, place à une nouvelle ère où Tesla pourrait bien devenir davantage une entreprise de robotique qu’un constructeur automobile.




