Posséder une Koenigsegg ? Un privilège réservé à une poignée de milliardaires. Mais posséder une part de l’entreprise elle-même, c’est peut-être une autre histoire. La marque suédoise considère sérieusement une introduction en bourse, et les signaux se multiplient.
Une IPO qui ferait l’histoire de l’hypercar
Si elle se concrétise, cette cotation serait une première mondiale : aucun constructeur d’hypercars produisant moins de 100 voitures par an n’a jamais franchi ce cap. Ferrari est entrée en bourse en 2015, Aston Martin en 2018, mais ces deux marques vendent plusieurs milliers de véhicules chaque année. Koenigsegg, c’est une autre planète.
Dans une récente interview, Halldora von Koenigsegg, directrice des opérations, a confirmé qu’une introduction en bourse était « sur la table », sans calendrier précis. L’objectif : diversifier les sources de financement pour saisir des opportunités encore imprévisibles, tout en permettant aux 850 employés de devenir actionnaires.
Des signaux concrets, pas de simples rumeurs
Koenigsegg a recruté Johan Ekdahl, ancien directeur financier de Volvo, et Rosmarie Söderbom comme directrice juridique, tous deux ayant participé à l’introduction en bourse de Volvo en 2021. La société s’est également restructurée en société anonyme publique, et des banquiers d’affaires ont visité l’usine d’Ängelholm au cours des derniers mois. Ce n’est pas du hasard.
Une valorisation à un milliard, des finances en redressement
En 2024, le fonds new-yorkais Chieftain Capital Management a acquis 6 % de l’entreprise pour 50 millions d’euros, valorisant ainsi Koenigsegg à près d’un milliard de dollars. Les chiffres récents rassurent aussi : après une perte opérationnelle de 27,8 millions de dollars en 2023, la marque est revenue dans le vert en 2024. Le chiffre d’affaires 2024 a dépassé 152 millions d’euros, plus du double de l’année précédente, avec 56 véhicules livrés à des prix allant de 2,6 à 3,7 millions d’euros.
Pas un constructeur auto : un hybride entre Hermès et une tech company
C’est le positionnement assumé par la direction. Johan Ekdahl insiste : Koenigsegg ne doit pas être perçue comme un constructeur classique, mais comme un croisement entre une entreprise technologique et une maison de luxe ultra-exclusive, comparable à Hermès. La marque développe des technologies brevetées comme le moteur électrique Dark Matter ou le système FreeValve sans arbre à cames, potentiellement licenciables à d’autres constructeurs.
Un pari audacieux, des risques réels
Tout n’est pas rose pour autant. Le carnet de commandes dépasse 400 voitures, mais la croissance reste contrainte par une capacité de production limitée. Et la bourse ne garantit rien : l’action Porsche a chuté d’environ 60 % depuis son introduction en 2022. Convaincre des investisseurs de miser sur une entreprise qui produit moins de 100 voitures par an restera un défi colossal.




