Deux coups de klaxon, pied au plancher, et là… McLaren veut que l’issue soit déjà jouée. Le constructeur de Woking vient de déposer un brevet qui pourrait redéfinir les règles du jeu sur circuit comme sur route ouverte. Et l’idée est aussi simple que redoutable.
Un launch control qui fonctionne aussi en roulant : le brevet qui intrigue
Tout part d’une découverte de CarBuzz : McLaren a déposé un brevet pour un système de contrôle de lancement capable de s’activer aussi bien à l’arrêt qu’en départ lancé. Une première dans l’industrie. Le principe s’appuie sur l’architecture hybride de la marque, et vise en priorité des modèles comme l’Artura, la supercar hybride rechargeable de 700 ch développée à Woking. La mécanique du système est brillante dans sa conception. Le conducteur active le mode en roulant à vitesse constante, puis enfonce la pédale d’accélérateur à fond. Le moteur thermique monte immédiatement en régime… mais le moteur électrique génère un couple négatif qui maintient la voiture à sa vitesse initiale. Résultat : le V6 biturbo est déjà à pleine puissance, prêt à exploser. Il ne reste plus qu’à relâcher la contrainte, via un bouton au volant ou une séquence sur les palettes. La voiture est alors catapultée avec zéro temps de latence.
Fini le lag turbo, fini l’hésitation à la rétrogradation
C’est là que réside l’intérêt majeur du dispositif. Dans un départ lancé classique, les turbos ont besoin d’une fraction de seconde pour se remettre en pression, et la boîte doit parfois rétrograder. Avec ce système, ces délais sont supprimés. L’accélération devient instantanée, linéaire, brutale. L’Artura passe déjà de 0 à 100 km/h en 3 secondes. On imagine sans peine ce que ce rolling launch control peut offrir de plus.
La technologie hybride au service de la performance pure
Ce brevet illustre une philosophie claire chez McLaren : l’hybridation n’est pas là pour faire joli sur une fiche technique. Elle sert la performance. Le moteur électrique de l’Artura, intégré directement dans le boîtier de la boîte à double embrayage, délivre jusqu’à 70 kW et 225 Nm de couple instantané sur les roues arrière. Le fait d’utiliser ce moteur pour générer un couple négatif, puis récupérer cette énergie en régénération pendant la phase de maintien, est une solution aussi ingénieuse qu’efficace. L’énergie n’est pas gaspillée, elle est stockée.
Un outil pour les duels… et peut-être pour les dépassements
L’usage officiel reste flou dans le brevet, mais les passionnés sauront lire entre les lignes. Les célèbres confrontations organisées par Carwow, où les supercars s’affrontent en départ arrêté ET en départ lancé, constituent un terrain d’expression évident. Au quotidien, ce système pourrait aussi permettre d’anticiper un dépassement : préparer le moteur avant une zone dégagée, puis relâcher au bon moment pour doubler en un éclair.
McLaren ne joue pas aux chiffres, elle joue à gagner
À l’heure où chaque supercar affiche des performances de papier, McLaren choisit d’aller plus loin. Ce brevet montre que la marque travaille sur des expériences de conduite réelles, concrètes, mesurables. Pas un chiffre de brochure. Un avantage ressenti, au moment précis où ça compte. L’ère des supercars hybrides ne fait que commencer. Et McLaren semble bien décidée à en écrire les règles.




