C’est un séisme qui secoue la planète automobile et les cercles très fermés des collectionneurs de l’extrême. La mythique Bugatti La Voiture Noire, exemplaire unique au monde et véritable fantasme d’ingénierie, quitte déjà le garage de la famille Piëch. Estimé à près de 25 millions d’euros, ce joyau de 1 500 chevaux cherche un nouveau propriétaire sous fond de révélations surprenantes.
Une icône de 1 500 chevaux née pour ressusciter une légende
Présentée au Salon de Genève en 2019 comme la voiture neuve la plus chère de l’histoire, la Bugatti La Voiture Noire n’est pas qu’une simple hypercar. C’est une œuvre d’art totale. Avec sa carrosserie en carbone d’un noir profond et ses six sorties d’échappement spectaculaires, elle rend un hommage vibrant à la Type 57 SC Atlantic de Jean Bugatti disparue en 1939. Sous le capot, le monument mécanique reste le W16 de 8 litres développant une puissance colossale de 1 500 chevaux.
L’obsession du détail portée à son paroxysme
Chaque élément de cette voiture a été façonné à la main durant des années. Le designer Etienne Salomé et l’ancien patron de la marque Stephan Winkelmann ont poussé le raffinement jusque dans les moindres recoins de la structure en carbone. Pour les experts, ce modèle représente la « Chambre d’Ambre » de l’automobile, une pièce que l’on pensait disparue à jamais dans une collection privée et qui ne devait plus jamais revoir la lumière du jour.

La fin du secret autour de la famille Piëch
Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont circulé sur l’identité de l’acheteur de ce « Saint Graal ». On a cité Cristiano Ronaldo ou encore Floyd Mayweather. La réalité est bien plus liée à l’histoire même de la marque Molsheim. C’est en fait Ferdinand Piëch, l’ancien patriarche du groupe Volkswagen et l’homme qui a ressuscité Bugatti, qui s’était offert ce cadeau à 16,7 millions d’euros. Décédé en 2019 avant même la livraison, il a laissé ce monument à son fils, Anton Piëch.
Une transaction sous haute sécurité
Aujourd’hui, Anton Piëch a décidé de s’en séparer via une procédure d’une complexité rare. Après une première tentative de mise en vente à 27 millions d’euros, le prix a été ajusté aux alentours de 25 millions d’euros. Pour espérer s’asseoir au volant, les candidats doivent montrer patte blanche. Contrôles d’identité stricts, vérifications anti blanchiment et accord de confidentialité total sont les étapes obligatoires avant même d’accéder au dossier technique du véhicule.
Pourquoi se séparer d’un tel trésor automobile ?
La raison de cette vente n’est pas un simple caprice de milliardaire mais une nécessité stratégique. Anton Piëch dirige Piëch Automotive, une start-up ambitieuse qui développe son propre coupé électrique. Avec un lancement désormais repoussé à 2028 et des besoins financiers croissants pour soutenir le développement technologique, la vente de la Bugatti La Voiture Noire apparaît comme une bouffée d’oxygène financière indispensable pour l’avenir de sa propre marque.
Cette vente marque la fin d’une époque pour la dynastie Piëch et offre une chance unique à un nouveau passionné de posséder la voiture la plus exclusive de l’ère moderne. Reste à savoir si ce chef-d’œuvre rejoindra un musée ou s’il osera enfin affronter le bitume.




