Le coup de poker du siècle se joue en Croatie. Mate Rimac, le fondateur du constructeur d’hypercars électriques, a confirmé être en négociations avancées avec Porsche pour racheter les 45% que détient l’allemand dans Bugatti Rimac. Objectif : conclure l’accord d’ici 2026 et devenir l’unique patron de la légende française. Une opération à plus d’un milliard d’euros qui pourrait redessiner l’avenir des supercars de luxe.
Une coentreprise qui bascule : de l’alliance stratégique au divorce imminent
Créée en 2021, Bugatti Rimac marie l’héritage légendaire de Bugatti à l’innovation électrique de Rimac. Sur le papier, l’équation semblait parfaite : Porsche apporte sa puissance financière (45% du capital), Rimac sa vision technologique (55%). Mais quatre ans plus tard, le vent a tourné.
Selon des sources citées par Bloomberg, Rimac aurait déjà formulé une offre préliminaire valorisant l’ensemble à plus d’un milliard d’euros. Un renversement de situation spectaculaire quand on sait que Porsche avait, à l’époque, tenté de prendre le contrôle total de Rimac.
Porsche en difficulté, Rimac en embuscade
Le constructeur allemand traverse une zone de turbulences : chute des ventes électriques, difficultés en Chine, et obligation d’investir 800 millions d’euros pour relancer ses modèles thermiques. Pour Porsche, céder sa participation dans Bugatti Rimac pourrait être une bouffée d’oxygène financier bienvenue.
De l’autre côté, Rimac s’appuie sur des investisseurs de poids : Goldman Sachs, SoftBank Vision Fund 2, et 500 millions d’euros levés en 2022. La balance penche désormais du côté croate.
L’indépendance totale : un rêve d’entrepreneur devenu stratégie
« Négocier avec une grande entreprise, c’est complexe. Il y a des familles, des émotions, des enjeux de pouvoir », explique Mate Rimac, avec le calme d’un joueur d’échecs qui maîtrise sa partie. Son ambition ? Libérer Bugatti de toute lourdeur décisionnelle et tracer une voie 100% électrique pour l’avenir.

Bugatti électrique : révolution ou trahison ?
Si le rachat se concrétise, l’avenir de Bugatti pourrait basculer vers le tout-électrique. La marque française, qui vient de lancer la Tourbillon avec son majestueux V16 de 8,3 litres hybride, pourrait voir ses prochains modèles abandonner totalement le moteur thermique. Une perspective qui divise les passionnés d’hypercars.
Bugatti deviendrait alors, pour la première fois depuis des décennies, totalement indépendante du groupe Volkswagen. Un nouveau chapitre historique pour la marque d’Ettore Bugatti.
Totalement indépendante ? Pas tout à fait, car rappelons tout de même que Porsche possède 22% du capital de Rimac Automobili… et que Porsche appartient à 75% à… Volkswagen ! L’empire allemand garderait alors indirectement environ 17% des parts de Bugatti.

2026 : l’année de tous les possibles
Aucune décision définitive n’est encore actée, mais les discussions sont bien réelles et l’accord pourrait être conclu d’ici 2026. Entre la Nevera électrique de 1914 chevaux et la Tourbillon hybride, Mate Rimac dispose déjà d’un arsenal redoutable.




