Le trident perd son éclat. En 2025, Maserati a vendu seulement 7 800 voitures dans le monde. Un effondrement historique pour une marque qui incarnait encore récemment le luxe sportif à l’italienne. Comment en est-on arrivé là ?
Des chiffres qui donnent le vertige
Avec seulement 1 900 voitures livrées au dernier trimestre 2025, la marque au trident termine l’année à 7 800 unités, un niveau qu’elle n’avait plus connu depuis le début des années 2010. Le contraste est brutal : en 2017, Maserati écoulait encore 51 500 véhicules sur la planète. En huit ans, la marque vend presque sept fois moins. Et la chute s’accélère : en deux ans seulement, les volumes ont été divisés par deux.
Une spirale qui ne s’arrête pas
La production totale de Maserati a chuté de 64 % en 2024, passant de 27 166 unités en 2023 à seulement 9 760. Les usines tournent au ralenti. Les concessionnaires s’inquiètent. Certains d’entre eux se retrouvent dans une position délicate, répétant à leurs clients que la marque ne disparaîtra pas. Mais jusqu’à quand ?

Qui a tué Maserati ?
Les responsabilités sont multiples. La Ghibli et le Levante avaient permis de multiplier les volumes dans les années 2010, mais avaient aussi dilué l’image de la marque. Quand Stellantis a supprimé ces modèles phares, sans proposer de remplaçants à la hauteur, le vide s’est installé. Gamme électrique sans marché réel, SUV Grecale mal perçu, berlines abandonnées, sportives trop chères : les erreurs stratégiques s’accumulent.
Le pari raté de l’électrification
Maserati a lancé sa gamme Folgore, GranTurismo et Grecale électriques, mais les consommateurs ne sont pas au rendez-vous. Le projet de MC20 électrique a même été abandonné en cours de route. Résultat : la marque a perdu ses clients traditionnels sans en conquérir de nouveaux. Face à la crise, Maserati a amorcé des baisses de prix allant jusqu’à 11 % sur certains modèles, comme la GranTurismo désormais affichée à 160 650 €. Un aveu d’échec autant qu’une tentative de rebond.
Un avenir à reconstruire de zéro
La nouvelle direction veut produire au plus près de la demande, réduire les stocks et reconstruire la désirabilité, une stratégie inspirée de Ferrari et Lamborghini, mais qui nécessite une transformation profonde. Le chantier est immense. Aucune nouveauté majeure n’est prévue avant plusieurs années, ce qui laisse la marque sans cartouche à court terme.
Maserati a encore le patrimoine, le design, l’ADN. Ce qui lui manque, c’est une vision, et du temps. Suivez l’évolution de cette renaissance italienne qui s’annonce aussi difficile que passionnante.





