Elle n’a pas de batterie. Pas d’assistance électrique. Juste 800 chevaux, une carrosserie en carbone et un pilote qui connaît la piste par coeur. Résultat : la Ford GT Mk IV vient d’entrer dans l’histoire du Nürburgring, et personne ne l’avait vu venir.
6 minutes 15 secondes : un chrono qui redistribue les cartes
La Ford GT Mk IV a bouclé la Nordschleife en 6 min 15 s 977, un temps certifié par les commissaires officiels du circuit. Ce tour la positionne au troisième rang absolu de tous les véhicules ayant jamais tourné sur cette piste légendaire de 20,8 km. Deux machines seulement font mieux : la Volkswagen ID.R (6 min 05 s 336), prototype électrique de course, et la Porsche 919 Hybrid Evo (5 min 19 s 546), ancienne reine du Mans. Toutes les deux bénéficient soit de l’électrique, soit de l’hybride. La Ford, elle, n’a rien de tout ça.
Les rivales laissées sur place
La Xiaomi SU7 Ultra, forte de 1 527 chevaux et d’une carrosserie en carbone, a été devancée de sept secondes. La Mercedes AMG One, avec son moteur dérivé de la Formule 1 et son prix de 3 millions d’euros, accuse quant à elle près de 14 secondes de retard. Et la Chevrolet Corvette ZR1X, l’autre grande rivale américaine dans la même catégorie prototype, est très loin derrière. Le duel Ford contre Chevy sur la Nordschleife a un nouveau vainqueur.
Une machine de course taillée pour l’absolu
La GT Mk IV embarque un V6 EcoBoost biturbo de 3,8 litres développé par Roush-Yates Engines, délivrant plus de 820 chevaux. Elle adopte un empattement allongé, une carrosserie « long tail » en fibre de carbone pensée pour l’appui maximal, une suspension Multimatic ASV et une boîte de vitesses de course. Aucune plaque d’immatriculation possible : cette voiture n’existe que sur circuit.
67 exemplaires, un hommage, 1,6 million d’euros
Produite à 67 exemplaires seulement, chacun affiché à 1,7 million de dollars, soit environ 1,6 million d’euros, la GT Mk IV rend hommage à la Ford Mk IV victorieuse aux 24 Heures du Mans 1967. Par temps froid et avec une vitesse de pointe volontairement limitée à 310 km/h, Ford estime que la voiture a encore du potentiel en réserve.
Le thermique a encore quelque chose à dire
Au volant, Frédéric Vervisch, double vainqueur des 24 Heures du Nürburgring, a décrit la voiture comme une « arme absolue », une véritable extension de la volonté du pilote, offrant une réponse immédiate et précise à chaque intention. Ce record n’est pas qu’un coup de communication. C’est une démonstration que le moteur à combustion interne, sans électrons en renfort, peut encore dominer. Dans un monde qui bascule vers l’électrique, la Ford GT Mk IV choisit de partir en beauté.




