Depuis le 1er janvier 2026, l’histoire automobile s’écrit différemment. Alpina devient officiellement BMW Alpina, nouvelle marque de luxe du groupe aux côtés de Rolls-Royce. Trois ans après l’annonce du rachat, le mariage est désormais consommé. Mais cette fusion cache bien plus qu’une simple opération financière : elle révèle les coulisses d’une industrie en pleine mutation, où même les légendes doivent s’adapter ou disparaître. Découvrez ce qui attend vraiment les passionnés.
Les normes ont tué l’indépendance d’Alpina
Les normes toujours plus restrictives imposent des investissements conséquents de moins en moins à la portée de petites entreprises comme Alpina. Le verdict était sans appel. Avec environ 1 700 véhicules produits annuellement dans son usine de Buchloe, le préparateur bavarois ne pouvait plus supporter seul le poids financier des homologations Euro 7 et de la transition électrique. Andreas Bovensiepen révèle que BMW les a contactés en 2021 en leur déclarant que l’avenir était électrique et que les coûts allaient exploser.
Face à cette réalité, la famille Bovensiepen a fait un choix pragmatique. Plutôt que de s’épuiser dans une bataille perdue d’avance, elle a préféré céder les droits de la marque à son partenaire historique. Un sacrifice nécessaire pour préserver l’héritage. L’initiative venait d’ailleurs de BMW, consciente de détenir un trésor qu’il fallait sauvegarder.
Une survie impossible sans les ressources d’un géant
Contrairement aux ultra-confidentiels comme Pagani, qui bénéficient d’exemptions, Alpina ne pouvait ni prétendre à ces avantages ni diluer ses émissions dans une flotte massive. Prise en étau réglementaire, la marque n’avait d’autre choix que l’absorption. Une évolution qui rappelle le destin d’AMG chez Mercedes en 2005.
BMW Alpina : un nouveau Maybach bavarois ?
BMW positionne Alpina dans ce qu’il appelle la « Luxury Layer », au-dessus de la Série 7 standard et en dessous de Rolls-Royce. La stratégie est limpide : faire d’Alpina l’équivalent de Mercedes-Maybach. Les cibles privilégiées ? Des mastodontes comme le X7, le futur iX7 électrique ou une Série 7 encore plus raffinée. Les rumeurs évoquent une cavalerie de près de 900 chevaux pour le X7, ce qui en ferait l’un des SUV les plus puissants du marché.
BMW promet de conserver l’équilibre unique entre performances maximales et confort supérieur qui fait l’ADN d’Alpina. Le nouveau logo, inspiré de l’emblème asymétrique des années 70, sera positionné au centre à l’arrière des véhicules. Le premier modèle basé sur la Série 7 restylée (G70 LCI) porte le code interne G72, avec une production attendue fin 2026.

Adieu Série 3, bonjour ultra-premium
Le revers de la médaille ? Les modèles compacts comme la B3 ou la B4 risquent fort de disparaître. BMW vise désormais une clientèle ultra-exigeante, en quête d’objets d’exception. Ce repositionnement signe la fin de l’Alpina « accessible » et l’avènement d’une marque ultra-sélective. Un virage radical qui peut faire grincer des dents les puristes.
La famille Bovensiepen rebondit avec une nouvelle marque
Pendant que BMW Alpina prend son envol, la famille Bovensiepen se concentre sur le développement de la nouvelle marque portant son nom : Bovensiepen. Cette nouvelle entité se consacre au « coachbuilding », la création de carrosseries sur mesure en petite série. Leur première création, dévoilée à la Villa d’Este, est une collaboration avec Zagato basée sur une M4 Cabriolet.
L’ancienne usine de Buchloe continue ses activités sous le nom d’Alpina Classic, dédiée à la restauration et à l’entretien des quelque 40 000 Alpina encore en circulation. Une manière de préserver la mémoire d’une marque qui a forgé sa légende pendant plus de 60 ans. BMW a également intégré une partie des 300 employés d’Alpina au sein du groupe.
Le rachat d’Alpina par BMW marque un tournant historique. Fini le préparateur indépendant qui sublimait discrètement les créations bavaroises. Place à BMW Alpina, marque de luxe destinée à concurrencer Maybach dans les hautes sphères de l’automobile.




