Milan Nedeljkovi? prendra la tête de BMW le 14 mai 2026. Un nom peu connu du grand public, mais un visage familier en interne. À 56 ans, cet ingénieur serbe formé au MIT va piloter l’un des constructeurs automobiles les plus emblématiques au monde à un moment critique : le lancement de la Neue Klasse, la plus grande révolution industrielle de l’histoire récente du groupe bavarois.
Un vétéran maison pour un virage électrique monumental
Stagiaire chez BMW en 1993, Nedeljkovi? gravit tous les échelons. Oxford, Leipzig, Munich : il connaît chaque usine, chaque ligne de production. Depuis 2019, il dirige la production mondiale et orchestre la transformation des 31 sites industriels du groupe. Son profil ? Exécution rigoureuse, vision stratégique, leadership collaboratif. Pas un visionnaire médiatique, mais un homme de terrain. Exactement ce dont BMW a besoin pour transformer des concepts en réalité industrielle.
Le conseil de surveillance souligne sa capacité à inspirer les équipes, les fédérer autour de valeurs communes et les motiver à atteindre des performances de premier plan. Car les défis sont colossaux. La concurrence chinoise frappe fort, les droits de douane américains pèsent lourd, et le marché électrique cherche encore ses repères.

Le plan le plus ambitieux de l’histoire BMW
Nedeljkovi? prend les commandes pile au moment où BMW s’apprête à déployer près de 40 nouveautés d’ici fin 2027. Une offensive produit sans précédent. Au programme : l’iX3 déjà lancé en 2025, puis la Série 3 et son double électrique i3 en 2026. Suivront le X5 dans ses versions thermique, hybride et électrique, l’iX4, et même la renaissance d’Alpina en tant que marque à part entière.
Tous ces modèles reposeront sur la plateforme Neue Klasse, conçue pour l’électrique pur avec technologie 800 volts, batteries cylindriques de sixième génération, et une autonomie promettant jusqu’à 800 km. L’iX3, vendu à partir de 71 900 €, en est la vitrine technologique. Résultat : 470 chevaux, 0 à 100 km/h en 4,7 secondes, et 370 km récupérés en seulement dix minutes de recharge rapide.
Une stratégie multi-énergies qui fait débat
BMW ne mise pas tout sur l’électrique. Contrairement à certains concurrents, le groupe maintient une approche diversifiée : thermique, hybride, électrique… et même hydrogène. Une prise de risque ? Peut-être. Mais aussi une réponse aux incertitudes du marché. Les consommateurs hésitent, les réglementations évoluent, la Chine domine la production de batteries. BMW préfère garder toutes les options ouvertes.
Cette stratégie exige une agilité industrielle redoutable. Nedeljkovi? devra moderniser simultanément plusieurs plateformes, équilibrer les investissements, et maintenir la rentabilité. Le tout en préservant l’ADN de conduite qui fait la réputation de la marque depuis des décennies.
Un mandat qui se joue dès maintenant
Oliver Zipse, le PDG sortant, a posé les fondations. Il a traversé la pandémie, lancé la Neue Klasse, sécurisé le financement. Son départ était prévu : BMW respecte une règle non écrite qui veut que les dirigeants quittent leurs fonctions à l’âge de la retraite. Une exception avait été faite pour lui, le temps de lancer l’iX3. Mission accomplie.
Nedeljkovi? hérite maintenant d’un chantier colossal. Son contrat court jusqu’en 2031 : six ans pour transformer BMW, accélérer l’électrification sans perdre les clients traditionnels, reconquérir la Chine face à BYD et NIO, et maintenir la rentabilité malgré les turbulences géopolitiques.




