Le monde des enchères automobiles retient son souffle. Entre le 6 et le 18 janvier 2026, Mecum Auctions à Kissimmee (Floride) présentera une pièce d’exception : la seule Ferrari 250 GTO livrée en blanc d’usine. Son nom ? Bianco Speciale. Son estimation ? Plus de 60 millions d’euros. Un chiffre qui pourrait pulvériser les records existants et installer cette machine légendaire au sommet du panthéon automobile.
Une rareté absolue dans l’univers Ferrari
Entre 1962 et 1964, Maranello n’a produit que 36 exemplaires de la mythique 250 GTO. Mais le châssis 3729GT se distingue radicalement de ses sœurs rouges : c’est le seul à arborer une livrée Bianco Speciale commandée par John Coombs, propriétaire d’écurie britannique et fin connaisseur de la compétition. Cette exception chromatique cache une bête de course redoutable : un V12 Tipo 168/62 Comp de 3 litres développant 300 chevaux, associé à une boîte manuelle 5 rapports et une carrosserie en aluminium signée Scaglietti.




Des modifications de compétition encore visibles
Les fentes sur le capot, la troisième prise d’air latérale et le système de ventilation connecté au phare avant témoignent d’une utilisation intensive en course. Ces détails techniques, introduits par Coombs lui-même, prouvent l’authenticité compétitive de cette Ferrari qui n’a jamais été une simple pièce de collection.
Un palmarès de légende et des pilotes illustres
Graham Hill, Jack Sears, Mike Parkes, Roy Salvadori, Richie Ginther : la liste des pilotes ayant pris le volant de la 3729GT impressionne. Ses deuxièmes places au RAC Tourist Trophy de Goodwood en 1962 et 1963 ont directement contribué aux titres mondiaux FIA GT de Ferrari. Anecdote stupéfiante : Jaguar a même emprunté cette GTO pour des tests comparatifs face à la E-Type. Résultat ? La supériorité écrasante de l’Italienne.

Préservée, jamais restaurée : la clé de sa valeur
Depuis 1999, la Bianco Speciale fait partie de la Jon Shirley Collection. Son propriétaire a privilégié la conservation authentique plutôt qu’une restauration intégrale. Maintenue, réparée, raffinée lorsque nécessaire, elle conserve son âme originale, certifiée par le précieux Ferrari Classiche Red Book. Cette approche distingue ce châssis des autres GTO passées aux enchères.
60 millions d’euros : un record à portée de main ?
En novembre 2023, une 250 GTO a été adjugée 48,2 millions d’euros chez RM Sotheby’s à New York, établissant le record pour une Ferrari aux enchères publiques. La Bianco Speciale, avec sa rareté chromatique, son état d’origine exceptionnel et son palmarès compétitif unique, pourrait franchir la barre symbolique des 60 millions d’euros. Seule la Mercedes 300 SLR « Uhlenhaut Coupé » (126 millions d’euros en 2022) domine encore le marché mondial.




