Le monde des enchères automobiles vient de vivre un séisme. Une Ferrari Enzo jaune issue de la collection Bachman s’est envolée à 17,875 millions de dollars (environ 15,2 millions d’euros) lors de la vente Mecum Auctions à Kissimmee, en Floride. Un prix qui triple l’ancien record et propulse cette hypercar thermique dans le top 10 des Ferrari les plus chères jamais vendues. Mais qu’est-ce qui justifie une telle envolée ?
Un exemplaire unique aux personnalisations inédites
Cette Enzo n’est pas une simple supercar parmi 400 exemplaires produits. Peinte en Giallo Modena, elle fait partie des 36 unités dans cette teinte et l’une des seulement 11 aux États-Unis. Son propriétaire, le collectionneur Phil Bachman, décédé en 2024, l’avait fait personnaliser directement chez Ferrari. Au programme : diffuseur arrière et bas de caisse assortis à la carrosserie (au lieu du noir standard), sièges Daytona sur mesure rouge et jaune, renforts chromés dans le compartiment moteur, et badge signature « Enzo Ferrari » chromé.
Le détail qui fait toute la différence ? À peine 1 044 km au compteur. Quasiment neuve, certifiée Ferrari Classiche avec son Red Book, cette Enzo a remporté plusieurs concours d’élégance, dont le prestigieux Cavallino Classic en 2011.


Quand la rareté rencontre la passion
Phil Bachman aurait même participé à l’assemblage de certaines pièces lors de la production. Cette implication personnelle, combinée à l’état de conservation exceptionnel, transforme ce modèle en œuvre d’art roulante. Les acheteurs ne se sont pas trompés : après une bataille d’enchères acharnée, le prix final représente près de quatre fois l’estimation haute du guide Hagerty pour une Enzo en condition concours.
La dernière hypercar thermique de Maranello
Au-delà des options, l’Enzo incarne une époque révolue. Dernière supercar Ferrari 100 % thermique avant l’hybridation (LaFerrari, F80), elle embarque un V12 atmosphérique de 6,0 litres développant 660 ch et 657 Nm de couple. Zéro assistance électrique, juste la puissance brute transmise aux roues arrière via une boîte séquentielle 6 rapports. Un pur concentré d’émotion mécanique qui explique pourquoi les collectionneurs se l’arrachent.
Une collection qui réécrit l’histoire des enchères
Cette Enzo record faisait partie d’une razzia Ferrari. La collection Bachman a également vu une F50 partir à 12 millions de dollars et une 288 GTO à 8,5 millions. Même une 250 GTO blanche (dont nous parlions ici) de 1962 s’est vendue 38,5 millions de dollars, bien que ce chiffre soit jugé « décevant » par certains experts qui espéraient dépasser les 50 millions.

Vers une nouvelle ère pour les Ferrari modernes ?
Ce tsunami de résultats marque un tournant : les Ferrari des années 1980-2000 défient désormais les classiques des années 1960. Selon les analystes de Hagerty, cette vente « irréproductible » pourrait redéfinir les attentes du marché. Les dealers et collectionneurs devront désormais intégrer ces nouveaux standards, même si personne ne sait si ces prix stratosphériques tiendront dans la durée.




