À Maranello, c’est l’euphorie. Ferrari vient d’annoncer une prime de compétitivité de 14 900 € pour ses 5 000 employés italiens, un nouveau record qui fait tourner les têtes bien au-delà des ateliers de la marque au cheval cabré. Derrière ce chèque XXL se cache un modèle économique redoutable et une culture d’entreprise unique.
Un bonus qui explose tous les compteurs
Les chiffres donnent le vertige. Cette prime de 14 900 € pour l’exercice 2025 représente une hausse de 500 € par rapport aux 14 400 € versés l’an dernier. Mais c’est surtout l’évolution sur dix ans qui impressionne : de 5 500 € en 2017 à près de 15 000 € aujourd’hui, soit une multiplication par trois en moins d’une décennie.
Ce « Premio di Competitività » n’a rien d’un cadeau gratuit. Il repose sur des critères précis : volumes de production, qualité des véhicules, rentabilité (EBITDA ajusté) et taux d’absentéisme. Un système gagnant-gagnant mis en place via un accord syndical de 2019, réactualisé en novembre 2023, qui lie directement la rémunération aux performances du groupe.
Des résultats financiers stratosphériques
Ferrari a frappé fort en 2025 avec un chiffre d’affaires de 7,14 milliards d’euros (+7 %), un résultat net de 1,6 milliard d’euros (+5 %) et surtout un cash-flow industriel explosif de 1,538 milliard (+50 %). La recette ? Vendre peu mais très cher, avec un carnet de commandes rempli jusqu’à fin 2027.
La marque italienne mise sur l’ultra-personnalisation : chaque option sur-mesure fait grimper la facture moyenne bien au-delà des 200 000 €. Résultat : avec seulement 13 752 voitures livrées en 2024 (contre 300 000 pour Porsche), Ferrari affiche des marges opérationnelles proches de 30 %.
Un fossé entre l’Italie et la France
L’écart fait mal. En France, la prime moyenne d’intéressement plafonne autour de 2 000 € par salarié, soit sept fois moins qu’à Maranello. Cette différence illustre deux modèles opposés : d’un côté, une industrie de masse avec des marges serrées ; de l’autre, le luxe automobile porté par l’excellence et l’exclusivité.
Les employés de la Scuderia, l’écurie de Formule 1, bénéficient eux aussi d’une prime spécifique proche de 14 498 €, avec quatre acomptes de 1 300 € déjà versés avant le solde d’avril.
L’électrique comme nouveau terrain de jeu
Ferrari ne compte pas s’arrêter. Pour 2026, quatre nouveaux modèles sont annoncés, dont la très attendue Ferrari Luce, première Ferrari 100 % électrique, présentée le 25 mai 2026 à Rome. Un tournant stratégique qui devrait encore doper les résultats futurs.
Benedetto Vigna, le patron du groupe, l’affirme : « Nous prévoyons d’atteindre nos objectifs de rentabilité 2026 avec un an d’avance. » De quoi garantir de nouvelles primes records ? Les salariés de Maranello peuvent y croire.




